Présentation:

Les Frères


En 1687, Jean-Baptiste de La Salle fonde la congrégation des Frères des écoles chrétiennes. Les Frères proposent aux garçons pauvres un enseignement gratuit. Tenus par leur règle d’avoir au moins trois maîtres par école, ils s’implantent en ville où les élèves sont assez nombreux, comme l’illustre la lithographie de Marlet qui représente les « Frères conduisant les enfants à Saint-Nicolas des Champs ». Leur enseignement connaît un tel succès que, moins d’un siècle après leur fondation, ils accueillent 32.000 élèves. En quoi consiste leur enseignement ? Les Frères répartissent les enfants en trois groupes selon leur degré d’avancement. Dans chacune de ces classes relativement homogènes, les élèves sont assis face au maître. Cette disposition leur permet de travailler en même temps, selon la méthode dite « simultanée ». Le travail des élèves est plus efficace, d’autant plus que la discipline imposée par les Frères est rigoureuse. Si le programme des Frères, constitué de l’apprentissage du catéchisme, de la lecture, de l’écriture et du calcul, demeure très classique, ils apportent néanmoins une vraie nouveauté : l’apprentissage de la lecture en français, et non plus en latin. Observez le « syllabaire français à l’usage des Écoles chrétiennes », qui témoigne de cette pédagogie novatrice. Implantés dans les villes où l’usage du patois est moins fréquent, les Frères contribuent ainsi au développement de l’usage du français dans le royaume.

En 1815, avec la fin des guerres de l’Empire, l’éducation populaire revient à l’ordre du jour. Les notables libéraux pensent que son essor est indispensable à la modernisation du pays. Pour pallier la pénurie de maîtres dont souffre le pays, la Société pour l’Instruction Élémentaire importe alors d’Angleterre une méthode nouvelle : « l’enseignement mutuel ». Cette méthode, créée quelques années plus tôt par John Lancaster, permet en effet à un seul maître d’instruire plusieurs centaines d’élèves, en ayant recours à des moniteurs. Ces moniteurs, chargés de relayer la parole du maître, sont des élèves choisis parmi les plus âgés ou les plus doués. Outre son organisation, l’enseignement mutuel introduit une innovation capitale: l’apprentissage simultané de la lecture et de l’écriture. Dorénavant les deux apprentissages progressent en parallèle. Le programme de base : lecture, écriture, calcul, morale et religion, s’enrichit de nouvelles disciplines pratiques : le dessin linéaire pour les garçons et pour les filles la couture En quelques années, près d’un millier d’écoles mutuelles sont ouvertes. Mais le succès est de courte durée. L’Église combat cette méthode d’origine protestante qui concurrence ses écoles congréganistes. D’autre part sa mise en œuvre s’avère souvent plus complexe et coûteuse que prévu. En 1834, le ministre François Guizot tranche en faveur de la méthode simultanée des Frères des écoles chrétiennes. La méthode mutuelle est définitivement abandonnée vers 1850.

De nouvelles ambitions pour l’enseignement élémentaire.

Pour apprendre à lire, les élèves ont longtemps dû mémoriser d’abord de longues listes de lettres et de syllabes avant de passer aux mots entiers. Au milieu du 19ème siècle, de nouvelles méthodes rendent l’apprentissage de la lecture plus attractif en autorisant les élèves à travailler très tôt sur les syllabes de mots entiers formant de petites phrases. L’enseignement de l’écriture connaît aussi un changement radical vers 1850, lorsque la plume métallique remplace progressivement la plume d’oie. Celle-ci nécessitait un long et difficile apprentissage La plume métallique, qui se répand grâce au développement des procédés industriels de fabrication, facilite l’essor d’une écriture plus rapide et moins ornementale, au grand dam des calligraphes de l’époque.

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 Des exigences nouvelles en matière d’orthographe amènent à généraliser l’enseignement de la grammaire. D’abord réservée aux collèges et aux lycées, la grammaire devient obligatoire dans le primaire en 1833, sous l’impulsion du ministre François Guizot. Mais la mise en œuvre de cette réforme est lente. Au début, seuls les maîtres suffisamment qualifiés demandent à leurs meilleurs élèves de recopier des textes et des définitions grammaticales pour constituer des cahiers de « différentes compositions d’orthographe », aussi la grammaire restait-elle soumise à l’orthographe..

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 La classe reconstituée dans laquelle vous vous trouvez est contemporaine de Jules Ferry. Cet univers, c’est l’image qui vient spontanément à l’esprit quand on évoque « l’école d’autrefois » et l’œuvre scolaire de la Troisième République. Elle symbolise en effet la politique volontariste conduite par les Républicains en faveur de l’éducation populaire et de la formation civique. Elle reste associée aux lois fameuses de 1881 et 1882 qui rendent l’enseignement obligatoire et l’école publique gratuite et laïque. Les pupitres de cette classe unique ont pour la plupart été réalisés par des fabricants spécialisés. Ils sont conçus pour que les élèves adoptent une posture convenable, qui ne nuise ni à leur croissance, ni à leur respiration. Pour les hygiénistes de l’époque, le pupitre biplace est un progrès par rapport aux longues tables et aux bancs de quatre à six places. Le mobilier nouveau permet également au maître de circuler plus efficacement dans la classe et de mieux contrôler le travail de chacun. La chaire magistrale repose sur une estrade. Dominant l’auditoire, elle est clairement le siège de l’autorité. La disposition de la classe concilie de la sorte les impératifs de la discipline et les nécessités de la méthode simultanée. Elle marque l’aboutissement d’un siècle de progrès dans l’organisation pédagogique. À côté du grand tableau noir est disposé un tableau sur chevalet, particulièrement utile dans une classe unique où plusieurs exercices ont lieu simultanément. Des accessoires que vous connaissez bien, comme la règle, le compas ou l’équerre permettent aux élèves les plus avancés de travailler les exercices de géométrie. Autour de la classe apparaissent les instruments de ce qu’on appelle alors la « pédagogie par l’aspect » ou « l’enseignement par les yeux ». Ce sont les planches murales, le compendium où sont alignés les poids et mesures du système métrique, les armoires qui renferment le musée et la bibliothèque scolaires.

Le musée scolaire, destiné aux « leçons de choses » comporte par exemple des animaux empaillés ou des collections de minéraux. Quelquefois des objets plus insolites, comme ce moulage de foie cirrhosé, destiné à édifier les enfants sur les ravages de l’alcoolisme. Le pupitre monoplace situé à côté de l’estrade n’est pas destiné à un élève puni, qui serait plutôt mis au coin, mais à l’élève qui tient le cahier de roulement. Le cahier de roulement a le même contenu qu’un cahier journalier individuel, mais c’est lui que le maître présente à l’inspecteur. Les élèves le tiennent à tour de rôle, afin que ce cahier soit représentatif du niveau de la classe. L’élève qui s’en charge doit particulièrement s’appliquer, il est donc isolé de ses camarades pour ne pas être distrait. Vous pouvez voir un cahier de roulement dans l’armoire, à côté du pupitre. Lire, écrire, compter, maîtriser l’orthographe forment, avec la morale et l’instruction civique, les bases de cet enseignement primaire.

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Mais au fil des décennies, le bagage du futur citoyen s’est alourdi de disciplines nouvelles telles que l’histoire, la géographie et les sciences naturelles. Les meilleurs parmi les élèves quitteront l’école avec en poche leur certificat d’études. Avant 1914, guère plus d’un tiers des élèves réussissent à l’obtenir. C’est la preuve que le Certif’ est un examen sélectif, mais aussi que la majeure partie des élèves ne possède pas, selon les critères du temps, un niveau suffisant.

 

 

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